Apprenez-en plus sur le bureau d’études d’ANDRÉ : Interview de David LEBAS

Depuis 1981, l’entreprise ANDRÉ, spécialiste de l’électricité, possède son propre bureau d’études en interne. Une aubaine qui nous permet de nous positionner sur des projets importants tout en faisant preuve d’une plus grande réactivité dans l’étude de ces projets.

David LEBAS, responsable du bureau d’études d’ANDRÉ nous en dit plus sur ses missions au sein de l’entreprise et les enjeux de son métier.

Quel est votre métier et en quoi consiste t-il ?

Je travaille au bureau d’études d’ANDRÉ, c’est un petit service dans l’entreprise vu que je suis seul. Grâce à ça j’ai une multiple casquette : celle d’exécutant en tant que dessinateur projeteur, et celle de responsable de service.

Cela consiste à établir des documents de travail qui permettent de dimensionner les installations électriques. Le processus des études commence par la réalisation d’un bilan de puissance, c’est-à-dire que l’on va déterminer quels vont être les besoins électriques pour alimenter les travaux, quel que soit le site.

Plusieurs possibilités s’offrent à nous : soit on passe par le biais d’Enedis, c’est-à-dire que l’on nous délivre une arrivée de courant par le biais d’un comptage à puissance limitée (Tarif bleu : de 3 à 36kVA) ou à puissance surveillée (Tarif Jaune de 24 à 240kVA) ; soit, si la puissance n’est pas suffisante, on passe par un poste de transformation MT/BT chez le client.

Une fois que l’on a déterminé les besoins électriques on réalise une note de calculs. C’est un document qui permet de déterminer les sections de câbles à passer et les protections à choisir en fonction des caractéristiques du réseau électrique.

Lorsque l’on installe un câble électrique, on est obligé de déterminer sa section en fonction de certains paramètres, comme la tenue aux courants de court-circuit, la chute de tension, l’intensité qui va le parcourir et en fonction des réglages du disjoncteur qui lui est associé

On ne peut pas mettre n’importe quoi. On a donc un logiciel pour faire ces calculs et cela nous permet de déterminer exactement pour telle ou telle installation, de la source jusqu’à la prise de courant et à l’ampoule électrique, quels types de câbles et de protections vont devoir être mis en cascade dans les différentes armoires qui vont constituer la chaîne de l’installation. C’est un document qui est obligatoire et qui est demandé par les bureaux de contrôle qui visent les installations terminées pour attester de la conformité de l’installation par rapport à la réglementation. Tout cela est basé sur des normes dont la NFC15-100 qui est la principale en Basse Tension.

Ensuite, on passe à la réalisation des schémas électriques d’armoire et à la réalisation des plans d’implantation des équipements, pour que le personnel de chantier puisse réaliser les travaux.

À la fin du chantier on doit remettre au client un dossier, qu’on appelle Dossier des Ouvrages Exécutés (DOE) qui comprend l’intégralité des documents d’étude mis à jour et conformes à ce qui a été fait sur le chantier, ainsi que les documents et attestions de conformité des appareillages et des travaux réalisés.

Parmi mes missions, je m’occupe également de la gestion des qualifications de l’entreprise ANDRÉ auprès de la société Qualifélec. C’est un agrément qui atteste des qualifications de l’entreprise en fonction de ses moyens techniques et humains. Nous sommes référencés auprès de Qualifélec, ainsi les clients qui souhaitent trouver une entreprise qualifiée dans le domaine de l’électricité peuvent se renseigner auprès de Qualifélec pour y retrouver les entreprises référencées. L’entreprise ANDRÉ possède les qualifications CFMGTI2.3 en courant faible, et MGTI.3 en courant fort.

J’utilise les DOE que j’ai déjà réalisés auparavant pour récupérer les études significatives afin de constituer les dossiers à envoyer à Qualifélec. Ils sont ensuite instruits par un comité de qualification, qui étudient les documents et les informations que l’on fournit afin de déterminer si nous sommes aptes à avoir les qualifications demandées. Ensuite, une attestation nous est délivrée, elle est valable quatre ans. Après cette période nous devons refaire un dossier technique présentant les chantiers significatifs des 4 dernières années, dont 4 pour le courant fort et 4 pour le courant faible.

Comment êtes-vous arrivé dans le domaine de l’électricité ?

En ce qui concerne mon parcours scolaire, j’ai fait un baccalauréat électrotechnique, ensuite j’ai fait un BTS en maintenance industrielle. Ce n’était pas spécifique à l’électricité puisque j’y ai étudié les domaines des énergies pneumatiques, hydrauliques, électriques, et de l’automatisme. A la fin de mes études j’ai atterri au bureau d’étude de la société SERTE, spécialisée en installations industrielles et fournisseur historique d’Air France sur les zones de maintenance à Roissy et Orly. J’avais des connaissances en électricité, et de fil en aiguille je suis resté 17 ans dans cette société. En 2011 la société SERTE a été rachetée par la société ANDRÉ, et j’ai récupéré approximativement la même fonction que celle que j’avais à la SERTE.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre poste ?

Il y a plusieurs choses qui me plaisent. D’abord, nous ne sommes pas spécialisés dans un domaine précis. Chez ANDRÉ le panel est assez large. On travaille à la fois dans l’industriel et dans le tertiaire (petit et gros), de façon ponctuelle on peut également s’occuper de l’électricité dans les logements, comme les appartements. C’est un travail qui couvre une large partie du domaine de l’électricité.

Ensuite, dans la réalisation des documents schémas, plans ou synoptiques, il y a quelque chose de graphique. On fait des croquis, des vues de coupe… Il y a un côté créatif qui me plaît.

Enfin, ici j’ai la fonction d’exécutant et de chef de service, donc j’apprécie la possibilité de faire comme je veux. Je suis l’exécutant mais c’est aussi moi qui valide l’intégralité des documents. Je suis un référent technique. La contrainte est que je ne peux rien déléguer. En revanche ça reste un plaisir d’avoir toujours la possibilité de faire ces choses et d’être à la fois acteur et décideur dans les projets.

Y a-t-il des chantiers qui ont marqué votre parcours plus que d’autres ?

Il y a un chantier qui m’a marqué, c’est la rénovation de la boutique Fauchon rue de la Madeleine en 2017. C’était un chantier assez technique, mais c’est le rendu final qui m’a marqué. C’était vraiment une belle boutique. Toutes les équipes qui sont intervenues sur ce chantier on fait un très beau travail.

Le second chantier qui m’a beaucoup marqué est celui du club Montmartre, qui a été fait en 2019. C’est une salle de jeu à Paris, principalement de poker, qui se situe à côté de la place de Clichy. C’est une très grande salle, dans un vieux bâtiment, il doit dater de la fin du XIXème siècle. Il abrite de très grandes hauteurs ainsi qu’une très belle verrière au plafond, le rendu final est très beau.

On travaille également à l’aéroport de Roissy et celui d’Orly sur les zones de maintenance des avions, les chantiers y sont intéressants par leur technicité.

Au-delà des chantiers il y a des clients marquants, comme le Moulin Rouge, c’est assez impressionnant de travailler là-bas.

Quelles sont, selon vous, les compétences et les exigences requises pour exercer ce métier ?

Je ne sais pas si c’est parce que je le suis moi-même, mais je pense qu’il faut être méticuleux, assez exigeant et avoir une grande rigueur pour respecter la réglementation et les normes qui encadrent les métiers de l’électricité. On ne se rend pas forcément bien compte au premier abord mais le dimensionnement des installations est très important. S’il est mal fait, il peut conduire à des accidents. Ça peut être dangereux pour le matériel, pour l’ensemble du site mais également et surtout pour les personnes.

Dans mon cas j’aime bien avoir une forme d’exigence artistique dans la réalisation des documents. Pour en voir beaucoup passer entre mes mains, je sais que l’aspect esthétique est souvent mis de côté. Ça peut entraîner des conséquences négatives sur la lisibilité des documents. C’est important d’apporter une forme de soin dans la réalisation.

Que conseilleriez-vous à un jeune qui souhaite démarrer dans ce métier ?

Il faut aimer l’électricité et ne pas en avoir peur car nous ne sommes pas toujours dans les bureaux, et lorsque l’on doit aller sur des sites faire des relevés, on peut être amenés à rentrer dans un poste de transformation, être à proximité d’armoires ou il y a plusieurs centaines ou milliers d’ampères qui passent. Quand on rentre dans un poste c’est sonore, il vibre et on l’entend, donc il ne faut pas en avoir peur sinon ça devient un frein au métier.

Néanmoins, la majeure partie du travail se fait tout de même au bureau d’études, donc il faut aussi aimer rester assis derrière un écran. Il faut aimer travailler sur informatique bien évidemment.

Pour les jeunes qui aiment les métiers où l’on bouge plus, il faudrait plutôt s’orienter sur le travail de chantier ou de chargé d’affaires. Ce sont des métiers où l’on voit plus de monde.

Est-il difficile de trouver un emploi dans ce domaine ?

Je pense qu’il y a une demande. Il est évident que pour une entreprise d’électricité, on recherche plus de personnel de chantier et de personnel d’encadrement que de personnel d’étude. La preuve en est, je suis seul dans ce service alors qu’il y a 6 chargés d’affaire et une trentaine de personne travaillant sur les chantiers. Il y a surement plus de chances de trouver un poste sur les chantiers qu’au sein d’un bureau d’étude, mais ça reste un métier avec des postes à pourvoir au vu du nombre de sociétés qui existent et qui se montent.

Il y a aussi des bureaux d’études qui sont des cabinets indépendants, et on peut également être à son compte, ce qui permet aux entreprises qui n’ont pas de bureau d’études en interne de sous-traiter.

Il y a également des bureaux de pré-études qui interviennent dans la chaîne de réalisation d’un chantier. Ils sont missionnés par l’architecte pour faire une pré-étude technique, dans différents corps d’états (l’électricité, la ventilation, la climatisation, la plomberie…) et également pour le gros œuvre et la structure. Ils sont missionnés pour monter un dossier technique qui sert ensuite aux entreprises générales pour pouvoir émettre un devis.

Quel est l’avantage d’avoir un Bureau d’Etude interne comme l’entreprise ANDRÉ ?

L’avantage est qu’il y a peu de latence sur les besoins. Cela permet d’éviter de perdre du temps à communiquer avec un bureau d’études externe par échanges de mails ou par appels téléphoniques. Chez ANDRÉ, il y a une proximité qui facilite cette communication et qui nous permet de travailler conjointement, notamment avec les chargés d’affaires et le personnel de chantier. Ça raccourcit énormément les délais d’exécution et le fonctionnement est plus fluide.

C’est une véritable valeur ajoutée d’avoir un bureau d’étude en interne. S’il n’existait pas toute cette partie serait sous-traitée, et les coûts seraient sûrement plus importants.

Quels sont les services avec lesquels vous êtes le plus en interaction ?

Je suis très souvent en contact avec les chargés d’affaires car ce sont eux qui me fournissent les dossiers d’étude à réaliser. Ils peuvent faire appel à moi en amont des dossiers, concernant le chiffrage et la réalisation des devis. Le plus souvent ils auront besoin de note de calcul pour le choix des câbles et le chiffrage des armoires électriques. Une fois que le devis a été validé ils me transmettent le dossier pour la réalisation des études.

Je suis également en contact avec le personnel de chantier lorsqu’ils ont des questions techniques ou qu’ils ont besoin d’informations complémentaires

Comment voyez-vous votre évolution au sein du groupe ?

Je pourrais décider de changer de fonction au sein de l’entreprise, c’est-à-dire de devenir conducteur de travaux / chargé d’affaires. Sinon, l’évolution serait de développer le service du bureau d’études, avec une augmentation conséquente du personnel, ce qui me permettrait d’être à la tête d’une équipe de dessinateurs. Mais ce n’est plus le même travail, je ne serais plus exécutant mais décideur et donneur d’ordres. Pour l’instant mon poste actuel me convient bien, mais l’avenir nous le dira.

Une des raisons pour lesquelles j’apprécie mon travail chez ANDRÉ c’est parce que les missions sont variées. Au niveau des qualifications que l’on peut avoir dans un bureau d’études, il y a le dessinateur petite étude. Son rôle est de refaire au propre les documents réalisés par les dessinateurs projeteurs. Le dessinateur projeteur gère toute la réalisation technique des dossiers. Ensuite il y a le chef de projet, qui peut gérer plusieurs dessinateurs projeteurs, et qui est responsable du suivi technique du projet. Et enfin il y a le responsable du bureau d’études.

Chez ANDRÉ, j’ai un peu toutes ces casquettes en même temps. Pour certains ça peut paraître contraignant, mais cela permet de maitriser entièrement la chaîne de réalisation pour avoir une totale autonomie.

Pourquoi selon vous faut-il faire appel au groupe ANDRÉ ?

Pour sa réactivité. On fait de notre mieux pour toujours intervenir rapidement. On a une notion qualitative du travail, on le réalise toujours dans le respect des normes et des règles de l’art.

On fait preuve d’une grande rigueur chez ANDRÉ.

Pourriez-vous nous donner une citation qui vous représente ?

Je dirais « Pourquoi faire bien quand on peut faire mieux ».

Vous avez un projet ? 

Nos experts formés à la mobilité électrique vous accompagnent, partout en France, sur vos projets, de l’étude jusqu’à la mise en place !